Résilience nationale : Le patriotisme, c'est être utile quand les choses vont mal

Le patriotisme est facile quand tout fonctionne bien.

L'électricité fonctionne. Les épiceries sont bien remplies. Les routes sont ouvertes. Les services d'urgence arrivent rapidement. Les réseaux de communication sont instantanés. L'eau coule du robinet.

Dans ces conditions, la vie nationale devient presque invisible.

On ne remarque les systèmes qui maintiennent un pays uni que lorsqu'ils commencent à défaillir.

Le Canada a connu suffisamment de feux de forêt, d'inondations, de tempêtes de verglas, d'ouragans et d'autres urgences pour comprendre que la résilience ne peut être laissée entièrement aux professionnels. Les gouvernements et les services d'urgence assument la responsabilité première des interventions à grande échelle, mais les communautés se rétablissent plus rapidement lorsque les citoyens ordinaires sont capables de s'entraider et de prendre soin d'eux-mêmes.

La saison des feux de forêt de 2026 a une fois de plus exigé que les gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux et autochtones coordonnent la préparation à des conditions potentiellement graves. Sécurité publique Canada a publié en mai une mise à jour nationale sur la préparation, décrivant la planification intergouvernementale et interorganismes de gestion des urgences en prévision de la saison estivale.

Les feux de forêt ne sont qu'un exemple.

La Colombie-Britannique a connu des incendies et des inondations dévastateurs.

Le Canada atlantique a été frappé par de puissants ouragans.

Les communautés des Prairies sont confrontées à la sécheresse, aux feux de forêt et aux conditions hivernales extrêmes.

L'Ontario et le Québec ont connu d'importantes tempêtes de verglas, des inondations et des pannes de courant prolongées.

Les communautés du Nord sont confrontées à des défis logistiques uniques, car les fournitures essentielles peuvent parcourir d'énormes distances.

Les conditions climatiques peuvent modifier la fréquence ou la gravité de certains dangers, mais les Canadiens ont toujours vécu dans un pays capable de produire des phénomènes météorologiques graves.

La résilience devrait donc faire partie de notre façon de concevoir la citoyenneté.

Cela commence par la préparation personnelle.

Chaque foyer devrait disposer de suffisamment de fournitures de base pour gérer une interruption raisonnable d'électricité, d'eau ou de transport. Les gens devraient savoir où se trouvent les documents importants. Les familles devraient savoir comment elles communiqueront si les réseaux cellulaires tombent en panne. Les Canadiens vivant dans des zones exposées aux feux de forêt ou aux inondations devraient comprendre les procédures d'évacuation locales.

Rien de tout cela n'est particulièrement dramatique.

C'est pourquoi ça fonctionne.

Les personnes préparées réduisent la pression sur les services d'urgence.

La résilience communautaire va plus loin.

Connaissez vos voisins.

Prenez des nouvelles d'une personne âgée pendant une vague de chaleur ou une panne de courant.

Faites du bénévolat auprès d'organisations communautaires.

Apprenez les premiers secours.

Soutenez les banques alimentaires locales.

Rejoignez une association communautaire.

Entraînez une équipe sportive.

Faites du bénévolat lors d'un événement local.

Impliquez-vous dans la recherche et le sauvetage, les organisations d'intervention d'urgence ou d'autres services communautaires si vous avez l'intérêt et la capacité.

Ces activités peuvent ne pas ressembler à du nationalisme.

Elles représentent le nationalisme sous l'une de ses formes les plus pratiques.

Un pays est en fin de compte composé de personnes qui acceptent une certaine responsabilité envers des étrangers.

Les systèmes fiscaux fonctionnent sur ce principe.

Les soins de santé publics fonctionnent sur ce principe.

Les services d'urgence fonctionnent sur ce principe.

L'armée fonctionne sur ce principe.

Les organisations bénévoles fonctionnent sur ce principe.

Vous contribuez à des institutions qui peuvent principalement bénéficier à des personnes que vous ne rencontrerez jamais parce que vous les reconnaissez comme des membres de la même société.

Le Canada a une forte tradition de bénévolat. Statistique Canada a estimé qu'en 2018, plus de 24 millions de Canadiens de 15 ans et plus ont participé à des activités de bénévolat formelles ou informelles, contribuant environ cinq milliards d'heures. Le modèle spécifique de bénévolat continue d'évoluer, mais l'ampleur illustre l'importance du travail invisible que les citoyens ordinaires apportent aux communautés canadiennes.

Cette infrastructure invisible est énormément importante.

Considérez une petite ville canadienne.

L'association de hockey peut dépendre de bénévoles.

Le festival local dépend de bénévoles.

La collecte de fonds communautaire dépend de bénévoles.

Les programmes pour les jeunes, les banques alimentaires, les organisations culturelles et les clubs de services dépendent souvent de personnes qui donnent des heures que personne n'inclura jamais dans le produit intérieur brut.

Lorsque ces liens s'affaiblissent, les communautés deviennent moins résilientes.

La force nationale ne peut donc pas être mesurée uniquement par les dépenses militaires, les ressources naturelles ou la taille de l'économie.

Elle dépend aussi de la confiance sociale.

Les Canadiens croient-ils que leurs voisins aideront en cas d'urgence?

Croient-ils que les institutions fonctionneront?

Se sentent-ils suffisamment responsables envers leurs communautés pour participer plutôt que de simplement se plaindre?

Ces questions sont difficiles à quantifier, mais elles importent énormément lorsque quelque chose ne va pas.

Un nationalisme sain peut aider à renforcer ce sentiment de responsabilité parce qu'il élargit le cercle des personnes que nous considérons comme « les nôtres ».

Un feu de forêt détruisant une communauté à des milliers de kilomètres devient une catastrophe canadienne.

Une inondation affectant une autre province devient aussi notre problème.

Les militaires envoyés pour aider les communautés aident des concitoyens plutôt que des étrangers.

Les pompiers traversant les frontières provinciales protègent une partie de leur propre pays.

Cet instinct est l'une des meilleures choses que le nationalisme puisse produire.

Le Canada fera face à de sérieux défis au cours des prochaines décennies. Certains seront économiques. Certains seront environnementaux. Certains pourraient impliquer la sécurité ou l'instabilité internationale. D'autres ne peuvent pas encore être prédits.

Nous ne pouvons pas éliminer l'incertitude.

Nous pouvons devenir plus difficiles à abattre.

Un Canada résilient possède des institutions solides, des infrastructures fiables, des approvisionnements sécurisés, des services d'urgence compétents et des forces armées capables.

Mais il possède aussi quelque chose de moins visible.

Des citoyens qui savent quoi faire quand quelqu'un a besoin d'aide.

Le patriotisme ne consiste pas seulement à savoir ce que le Canada peut faire pour nous quand les choses tournent mal.

Il s'agit aussi de savoir si le Canada peut compter sur nous.

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