Nous ne pouvons pas parler d'unité nationale tout en fonctionnant comme treize économies distinctes.

Le nationalisme économique canadien est plutôt étrange.

Nous parlons souvent de protéger les entreprises canadiennes de la concurrence étrangère tout en rendant inutilement difficile l'exploitation des entreprises canadiennes au Canada.

Pendant des décennies, les entreprises et les travailleurs ont rencontré des normes, des systèmes d'octroi de licences et des exigences réglementaires provinciales différents lorsqu'ils traversaient les frontières provinciales.

Le Canada est une fédération et les provinces ont des domaines de compétence légitimes.

Mais le fédéralisme ne devrait pas devenir une fragmentation économique.

Des biens et des services d'une valeur de plus de 500 milliards de dollars circulent entre les provinces et territoires canadiens chaque année. Le gouvernement fédéral estime que le commerce intérieur représente près de 20 % du produit intérieur brut canadien.

Le commerce intérieur est donc une question nationale.

La Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d'œuvre au Canada est entrée en vigueur le 1er janvier 2026 dans le cadre d'un effort plus large visant à réduire les obstacles fédéraux à la circulation des biens, des services et des travailleurs canadiens entre les provinces et les territoires. Les règles provinciales sont toujours importantes, et une grande partie du travail reste en dehors de la compétence fédérale, mais l'orientation est importante.

Le Canada doit se considérer comme une seule économie nationale.

Imaginez un travailleur qualifié qui découvre que les qualifications reconnues dans une province nécessitent une autre série de documents ailleurs.

Imaginez un petit fabricant qui décide de ne pas vendre à l'échelle nationale parce que la conformité à différents ensembles de règles ne vaut tout simplement pas la dépense.

Imaginez des entreprises de transport qui ont des exigences incohérentes lorsque les marchandises traversent les frontières provinciales.

Chaque obstacle inutile rend le Canada légèrement moins productif.

Plus important encore, cela affaiblit l'une des promesses fondamentales de la Confédération.

Nous sommes censés faire partie du même pays.

Une entreprise canadienne en Nouvelle-Écosse devrait naturellement considérer l'Alberta comme faisant partie de son marché intérieur.

Un artisan de l'Ontario devrait voir des opportunités en Saskatchewan.

Un producteur de la Colombie-Britannique devrait pouvoir imaginer des clients au Québec.

Un entrepreneur du Manitoba devrait penser à l'échelle nationale dès le début.

Le nationalisme économique ne peut pas s'arrêter à la frontière provinciale.

Il y a aussi une dimension psychologique à cela.

Le Canada se comporte souvent comme un ensemble d'économies régionales qui négocient les unes avec les autres plutôt que comme un seul pays qui tente de rivaliser avec le monde.

Cet état d'esprit avait plus de sens lorsque la géographie était un obstacle énorme au commerce.

La technologie a changé l'équation.

Les services numériques traversent les frontières instantanément.

Le télétravail relie des Canadiens à des milliers de kilomètres de distance.

La logistique moderne permet aux produits de voyager à travers le pays plus rapidement que les générations précédentes n'auraient pu l'imaginer.

Notre pensée économique devrait rattraper son retard.

Un marché intérieur plus fort rendrait également le Canada moins vulnérable aux perturbations étrangères.

Si l'accès à un marché d'exportation devient soudainement moins fiable, les entreprises canadiennes ont besoin d'alternatives.

Certaines de ces alternatives seront outre-mer.

D'autres peuvent exister dans une autre province canadienne.

L'unité nationale est souvent traitée comme une idée émotionnelle.

Les drapeaux.

Les hymnes.

Les célébrations nationales.

Ces choses sont importantes.

Mais l'unité peut aussi être remarquablement pratique.

C'est un camion transportant des marchandises canadiennes à travers une frontière provinciale.

Une infirmière capable d'occuper un poste ailleurs au pays.

Une petite entreprise qui accède soudainement à des millions de clients canadiens supplémentaires.

Une entreprise de construction capable de travailler plus facilement dans une autre province.

Le Canada devient plus réel lorsque les Canadiens interagissent les uns avec les autres.

Un pays devrait de plus en plus signifier une économie.

Si les Canadiens veulent une plus grande indépendance vis-à-vis du reste du monde, la première étape pourrait être d'apprendre à dépendre un peu plus les uns des autres.

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